La dernière décision de la Banque du Canada concernant son taux directeur hier (4 juin 2025) n’a surpris personne, pour des raisons alignées directement avec notre article de prévision à propos de cette décision sur le taux directeur. Oui, le contexte économique est pour le moins incertain, et il y a encore des éléments à ajouter à la guerre des tarifs aujourd’hui. Mais nous sommes toujours dans la vague des renouvellements hypothécaires : certains doivent acheter une nouvelle propriété, et construire des immeubles locatifs demeure un impératif. Dans ce contexte économique incertain, plusieurs préféreront attendre une baisse des taux hypothécaires ou patienter jusqu’à la fin de cette incertitude.
Est-ce que les taux hypothécaires vont baisser en 2025 ?
Y aura-t-il une fin à cette instabilité ? (Sur ce point, je peux déjà vous dire que ce n’est pas pour demain.)
En gros, que faire si on doit investir en immobilier ces jours-ci ?
Les tarifs affectent déjà notre économie, le Canada enregistre un déficit commercial record de 7,1 milliards $ en avril
Le Canada a enregistré en avril son plus important déficit commercial de marchandises, s’élevant à 7,1 milliards de dollars, en raison d’une baisse significative des exportations, exacerbée par les droits de douane américains. Les exportations totales ont chuté de 10,8 % pour atteindre 60,4 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis juin 2023, avec des réductions notables dans les secteurs des véhicules automobiles (-17,4 %) et des biens de consommation (-15,4 %). Parallèlement, les importations ont diminué de 3,5 %, pour s’établir à 67,6 milliards de dollars. Le Canada a enregistré un excédent de 3,6 milliards de dollars avec les États-Unis, son plus faible depuis décembre 2020, et un déficit de 10,7 milliards de dollars avec d’autres pays.
Tout ceci avant que Trump ne décide de faire passer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium à 50 % !
50 % de droits de douane sur l’acier et l’aluminium
Le président américain Donald Trump a doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium, les faisant passer de 25 % à 50 % dès le 4 juin. L’industrie canadienne pourrait subir des pertes de 50 millions de dollars par semaine, selon l’Association de l’aluminium du Canada. Même s’il pourrait y avoir un recul de Trump, comme cela est souvent arrivé, le mal est fait — et ce n’est rien d’encourageant pour ceux qui doivent évaluer notre avenir économique, comme la Banque du Canada.
Impact des tarifs sur l’immobilier au Canada
Les tarifs douaniers imposés récemment entre le Canada et les États-Unis ont des répercussions significatives et complexes sur le marché immobilier canadien, tant résidentiel que commercial.
1. Hausse des coûts de construction
Les tarifs douaniers touchent directement des matériaux essentiels comme l’acier, l’aluminium, les tubes, tuyaux, vis, briques et autres produits industriels importés des États-Unis.
Cette hausse (jusqu’à 50 %) entraîne une augmentation immédiate des coûts de construction, estimée à environ 4 % pour les projets immobiliers.
Les promoteurs et constructeurs répercutent ces coûts sur les prix des logements neufs, ce qui complique l’accès à la propriété, surtout pour les premiers acheteurs.
2. Retards et pénuries dans les projets de construction
L’augmentation des coûts et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement provoquent des retards dans la livraison des matériaux, ralentissant l’achèvement des projets immobiliers.
Cela limite l’offre de nouveaux logements, accentuant la pénurie déjà présente sur le marché, notamment dans les grands centres urbains.
3. Incertitude et volatilité du marché
L’instabilité commerciale et la perspective de nouvelles hausses tarifaires créent un climat d’incertitude, freinant les investissements immobiliers et la confiance des consommateurs.
Les provinces les plus dépendantes du commerce avec les États-Unis (Québec, Ontario, provinces de l’Atlantique) sont particulièrement exposées, avec un ralentissement de la demande et une baisse des ventes.
4. Effets sur les taux hypothécaires et l’accessibilité
Les tarifs douaniers peuvent alimenter l’inflation, poussant potentiellement la Banque du Canada à augmenter les taux d’intérêt ou à maintenir le taux directeur actuel. Le scénario d’une augmentation demeure peu probable à l’heure actuelle, et des baisses sont plutôt envisagées.
5. Impact différent selon les régions et les segments
Les marchés provinciaux réagissent différemment selon leur exposition au commerce et à l’industrie manufacturière.
Le secteur commercial pourrait aussi être touché par l’inflation, bien que l’effet sur les coûts reste limité tant que la guerre commerciale ne s’intensifie pas davantage.
Les CMB en baisse, au moins un impact positif des tarifs !
Les obligations hypothécaires du Canada (CMB) enregistrent actuellement une baisse de leurs rendements, ce qui constitue un effet indirect des tensions commerciales récentes. En mai 2025, les rendements des CMB à cinq ans ont diminué, reflétant une demande accrue pour ces titres considérés comme des placements sûrs en période d’incertitude économique. Cette baisse des rendements se traduit par des taux hypothécaires fixes plus bas pour les emprunteurs, offrant ainsi une opportunité pour ceux qui cherchent à renouveler ou à contracter un nouveau prêt hypothécaire.
Pour suivre l’évolution quotidienne des CMB ( obligations hypothécaires du Canada )
Aux États-Unis les taux Hypothécaires pourraient baisser
Aux États-Unis, les taux d’intérêt hypothécaires pourraient diminuer alors que les rendements obligataires chutent et qu’un éventuel changement de politique monétaire de la Réserve fédérale se profile. Une série d’indicateurs économiques décevants aux États-Unis a entraîné une forte baisse des rendements des bons du Trésor, renforçant les attentes d’une réduction des taux d’intérêt dès septembre. Les investisseurs se sont rués vers les obligations gouvernementales après des chiffres d’emploi privés décevants et une contraction inattendue de l’activité dans le secteur des services. Les données d’ADP ont révélé que les employeurs privés avaient créé le moins d’emplois en plus de deux ans, ce qui a contribué à alimenter l’optimisme des marchés concernant une intervention rapide de la Fed. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux ont commencé à estimer une probabilité de 95 % d’une réduction des taux d’ici septembre, contre 82 % le jour précédent. Si les rendements continuent de baisser, cela pourrait offrir un répit aux acheteurs et propriétaires de logements, qui ont été confrontés à des coûts d’emprunt élevés. Cependant, des signes de fragilité sur le marché du travail et des indicateurs d’inflation persistent, laissant les marchés dans l’incertitude avant le rapport sur les emplois non agricoles prévu pour vendredi. Si la tendance se maintient, une réduction des taux pourrait intervenir à un moment crucial pour le marché immobilier.
Nous annoncerons la prochaine décision de la FED à propos du taux directeur aux États-Unis le 18 juin 2025.
Est-ce que les taux hypothécaires vont baisser en 2025 au Canada?
Au 3 juin 2025, le rendement des obligations gouvernementales canadiennes à 5 ans, qui servent de référence pour les CMB, s’établissait à 2,86 %, en baisse par rapport à 3,58 % l’année précédente. Il est probable que les rendements des CMB continuent de diminuer ou restent faibles à court terme, ce qui pourrait se traduire par une baisse des taux hypothécaires fixes 5 ans, même sans baisse du taux directeur. Pour ce qui est des taux variables, en relation directe avec le taux directeur de la Banque du Canada, une baisse est également prévue.
Le taux directeur devrait baisser en 2025
Un nouvel assouplissement monétaire est jugé nécessaire pour soutenir le marché immobilier et atténuer les chocs de paiement pour les emprunteurs. Cette année, 1,2 million de propriétaires doivent renouveler leur hypothèque, dont plus de 80 % avaient choisi des paiements fixes lorsque les taux étaient très bas. Un choc est donc à prévoir.
Les économistes estiment que les taux actuels sont trop restrictifs compte tenu de la conjoncture. Avec un excès d’offre et une inflation maîtrisée, d’autres mesures de soutien pourraient être envisagées dans les mois à venir.
On s’attend à ce que le taux directeur atteigne 2 % d’ici la fin de l’année.
Que faire s’il faut renouveler son hypothèque, acheter une propriété ou construire un immeuble ?
1. Si vous devez renouveler votre hypothèque : Profitez de la baisse des rendements des obligations hypothécaires pour sécuriser un taux fixe plus avantageux. Ne vous fiez pas uniquement au taux directeur : les taux fixes pourraient baisser plus rapidement. Faites jouer la concurrence et consultez un courtier pour comparer les offres.
2. Si vous envisagez d’acheter une propriété : Les prix restent élevés dans plusieurs régions du Québec, mais le ralentissement du marché pourrait offrir plus de pouvoir de négociation. Si vos finances sont solides et que vous trouvez une propriété qui répond à vos besoins, les conditions actuelles pourraient être une bonne occasion d’achat, surtout si les taux fixes continuent de baisser.
3. Si vous prévoyez construire : Attendez-vous à des coûts de construction plus élevés en raison des tarifs douaniers sur les matériaux importés. Prévoyez un budget supplémentaire pour absorber ces hausses et anticipez des retards d’approvisionnement. Si le projet est rentable à long terme, il pourrait être judicieux de le maintenir, mais ajustez votre échéancier et vos attentes.
Conclusion
Chez Performance Hypothécaire, nous croyons que chaque période d’incertitude économique est aussi une occasion de mieux planifier. Que vous deviez renouveler votre hypothèque, acheter une propriété ou lancer un projet de construction, nos experts sont là pour vous guider avec une stratégie personnalisée, adaptée au marché actuel.
Ne laissez pas les gros titres dicter vos décisions financières. Avec une bonne lecture des tendances, un accompagnement éclairé et un accès privilégié aux meilleurs taux, vous pouvez transformer ce contexte en avantage. Prenez une longueur d’avance, parlez à un courtier de Performance Hypothécaire aujourd’hui.
En chiffres
• 7,1 milliards $ : déficit commercial enregistré par le Canada en avril.
• 10,8 % : baisse des exportations totales en avril, atteignant 60,4 milliards $.
• 50 % : augmentation des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.
• 4 % : estimation de l’augmentation des coûts de construction pour les projets immobiliers.
• 1,2 million : nombre de propriétaires devant renouveler leur hypothèque cette année.
• 2 % : prévision pour le taux directeur d’ici la fin de l’année.