Pendant une bonne partie de 2024 et 2025, la question était toujours la même : quand les taux vont-ils enfin baisser ? La fin de 2024 a été marquée par une baisse importante, suivie de plusieurs réductions en 2025, ramenant le taux directeur à 2,25 %. Beaucoup y ont vu le début d’un retour durable vers des taux plus bas.
À l’approche de 2026, le discours évolue. La vraie question devient maintenant : et si le prochain mouvement n’était pas une baisse, mais une hausse ?
Un scénario désormais suffisamment crédible pour être pris au sérieux. Comme courtier hypothécaire, mon rôle n’est pas de suivre la foule, mais d’analyser les risques en amont. Et le risque à surveiller en 2026 est clair : la possibilité d’un resserrement monétaire, même modeste.
Voici pourquoi 2026 pourrait être plus exigeante que prévu — et surtout, comment s’y préparer.
1. Le scénario « douche froide » : Pourquoi une hausse en 2026 ?
Alors que le consensus général mise sur une pause prolongée, des fissures apparaissent dans cette certitude.
L’avertissement de la RBC et de la Banque Scotia : Les économistes de la Banque Royale (RBC) et de la Scotia ont récemment signalé que les risques d’une hausse de taux s’accumulent pour la fin de 2026.
Pourquoi ? L’inflation tenace. L’inflation de base reste collante, oscillant souvent au-dessus de la cible idéale de 2 %. Si l’économie canadienne reprend trop de vigueur ou si les dépenses des consommateurs rebondissent trop fort grâce aux baisses récentes, la Banque du Canada n’hésitera pas à serrer la vis pour éviter une surchauffe.
Ce que ça change pour vous : Si vous avez un taux variable, ne tenez pas pour acquis que vos paiements resteront stables ou diminueront. Une hausse, même légère, en fin d’année 2026 pourrait surprendre bien des budgets qui sont calculés trop serrés.
2. Le frein naturel : Un marché immobilier « brisé »
Cependant, il existe un contrepoids majeur qui pourrait dissuader la Banque du Canada d’augmenter ses taux, et c’est paradoxalement la mauvaise santé de l’immobilier.
Les économistes de la CIBC, Benjamin Tal et Avery Shenfeld, qualifient le marché actuel de « brisé ». Nous sommes coincés dans un cul-de-sac économique pour 2026 :
Trop cher pour acheter : L’accessibilité est au plus bas pour les ménages.
Pas assez cher pour construire : Les prix de vente actuels ne suffisent plus à couvrir les coûts de construction explosifs, ce qui gèle les nouveaux projets.
Ce blocage est particulièrement dangereux en Ontario et en Colombie-Britannique, où l’on parle désormais ouvertement de « récession immobilière ». Ces deux provinces représentant une part énorme du PIB canadien, elles placent la Banque du Canada devant un dilemme.
C’est ici que se trouve votre « allié » : La Banque sait qu’une hausse de taux dans ce contexte précis risquerait de faire basculer ces marchés fragiles d’une simple correction vers un effondrement financier total. Pour éviter de provoquer une crise majeure à Toronto et Vancouver, la Banque pourrait être forcée de tolérer une inflation légèrement plus élevée plutôt que de risquer de « casser » définitivement l’immobilier.
3. Le coût caché qui maintient les prix élevés
Si vous vous dites « Si les taux montent, au moins les prix des maisons vont s’effondrer », détrompez-vous. Il y a un plancher artificiel sous les prix : les taxes et redevances gouvernementales.
La SCHL a récemment confirmé que les redevances d’aménagement (les frais que les villes chargent aux constructeurs) ont explosé. À Toronto, cela représente jusqu’à 9 % du prix d’une maison ! Ces coûts sont fixes. Que les taux montent ou descendent, le coût de base pour sortir une maison de terre a augmenté de façon structurelle. Cela limitera toute baisse de prix significative en 2026, même si les taux grimpent.
En résumé, pourquoi parle-t-on de hausses possibles en 2026 ?
Trois facteurs expliquent pourquoi les banques centrales demeurent prudentes.
Une inflation sous contrôle, mais pas réglée
L’inflation est revenue près de la cible de la Banque du Canada. Toutefois, elle demeure sensible à toute reprise trop rapide de la consommation ou du marché immobilier. Une relance prématurée pourrait forcer un resserrement monétaire.
Un marché immobilier qui résiste mieux que prévu
Un marché qui repart trop vite devient un problème pour une banque centrale. Or, certaines régions montrent déjà des signes de reprise plus rapide que prévu, ce qui limite la marge de manœuvre pour de nouvelles baisses de taux.
Le contexte international et la Fed
Les décisions de la Réserve fédérale américaine influencent indirectement le Canada. Un écart trop important entre les taux canadiens et américains peut exercer une pression sur le dollar canadien, ce qui incite la Banque du Canada à rester prudente, même si l’économie ralentit.
Résultat : le scénario de taux stables devient le scénario central, et une légère hausse en 2026 n’est plus exclue.
Qu’est-ce que ça signifie concrètement pour 2026 ?
Pour le marché immobilier, cela signifie un changement de rythme, pas un arrêt.
Les acheteurs prennent plus de temps.
Les vendeurs ajustent leurs attentes.
Les décisions sont moins émotionnelles et davantage calculées.
Les prévisions parlent d’une stabilisation des prix, avec des variations importantes selon les régions. Certaines zones, comme le Québec et Montréal, pourraient mieux performer, tandis que les marchés très chers comme Toronto ou Vancouver pourraient continuer à se normaliser.
Ce type de marché favorise les acheteurs bien préparés et les investisseurs disciplinés.
les renouvellements hypothécaires, toujours un enjeu en 2026
Le point de pression le plus important en 2026 ne sera pas nécessairement l’achat d’une propriété, mais le renouvellement hypothécaire.
De nombreux ménages arrivent à échéance après avoir contracté leur prêt à des taux historiquement bas. Même sans nouvelle hausse, le choc de paiement est déjà réel. Une hausse additionnelle, même modeste, viendrait accentuer cette pression.
Dans ce contexte, la stratégie hypothécaire devient aussi importante que le taux lui-même :
– choix entre taux fixe et variable
– durée du terme
– flexibilité
– amortissement
C’est là que l’accompagnement fait une réelle différence.
Mon conseil pour 2026 : La prudence est payante
2026 ne sera pas l’année tranquille que beaucoup espèrent. Nous sommes coincés entre une économie qui veut redémarrer (risque de hausse de taux) et un marché immobilier qui veut ralentir (risque de stagnation).
Votre plan de match :
Testez votre budget à la hausse : Ne calculez pas vos paiements sur le taux d’aujourd’hui. Pouvez-vous absorber une hausse de 0,25 % ou 0,50 % fin 2026 ?
Le taux fixe court terme (2-3 ans) : Si l’incertitude vous empêche de dormir, geler un taux maintenant pour traverser 2026 et 2027 pourrait être la stratégie la plus sage, en attendant que la direction à long terme se clarifie.
Ne naviguez pas à vue. Si ces nouvelles prévisions vous inquiètent, appelez-moi. Nous allons revoir votre stratégie hypothécaire pour qu’elle résiste à tous les scénarios, même ceux que personne ne veut voir venir.
2026 : une année de stratégie, pas de panique
2026 ne s’annonce ni comme une année de cadeaux du côté des taux, ni comme une année de crise.
C’est plutôt une année où la planification, l’anticipation et les bons choix financiers prennent toute leur importance. Dans un environnement plus exigeant, les emprunteurs qui comprennent leur situation et qui sont bien accompagnés traversent beaucoup mieux les cycles économiques.
Chez Performance Hypothécaire, l’objectif reste le même : vous aider à prendre des décisions éclairées, adaptées à votre réalité, peu importe la direction que prend le marché.
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