Les taux hypothécaires au Canada devaient rester relativement stables en 2026 après les baisses observées depuis 2024. Cependant, l’escalade du conflit impliquant l’Iran depuis la fin février pourrait modifier ce scénario. La hausse des prix du pétrole et les risques inflationnistes associés pourraient pousser les marchés obligataires à la hausse, ce qui exercerait une pression directe sur les taux hypothécaires fixes.
Pourquoi le conflit en Iran peut influencer les taux hypothécaires
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont un impact direct sur les marchés de l’énergie. Une partie importante du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique située entre l’Iran et les pays du Golfe.
Lorsque les marchés craignent une perturbation de l’approvisionnement, le prix du pétrole peut augmenter rapidement.
Or, le pétrole influence plusieurs secteurs de l’économie :
- transport des marchandises
- production industrielle
- énergie et chauffage
- coûts alimentaires et manufacturiers
- L’agriculture
Lorsque ces coûts augmentent, les entreprises répercutent souvent ces hausses sur les consommateurs, ce qui peut raviver l’inflation.
Et pour les banques centrales, l’inflation demeure le principal facteur déterminant dans l’évolution des taux d’intérêt.
Le mécanisme : comment l’inflation influence les taux hypothécaires
Un élément souvent mal compris est que les taux hypothécaires fixes ne suivent pas directement le taux directeur de la Banque du Canada.
Ils sont plutôt influencés par les rendements des obligations gouvernementales, notamment les obligations canadiennes à cinq ans.
Lorsque les investisseurs anticipent davantage d’inflation ou d’incertitude économique, ils exigent généralement des rendements plus élevés pour acheter ces obligations.
Lorsque les rendements obligataires montent :
- les institutions financières ajustent leurs taux
- les taux hypothécaires fixes ont tendance à augmenter
Il est donc possible de voir les taux hypothécaires remonter même si la Banque du Canada maintient son taux directeur stable.
Le contexte économique canadien en 2026
Depuis le début de l’année, le consensus des économistes est relativement clair : la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur autour de son niveau actuel pendant une bonne partie de l’année.
Après les hausses importantes de 2022 et 2023, suivies des baisses amorcées en 2024, l’économie canadienne semblait entrer dans une phase d’équilibre.
L’inflation se rapprochait graduellement de la cible de 2 % de la Banque du Canada et la croissance économique montrait des signes de ralentissement modéré.
Dans ce contexte, plusieurs analystes anticipaient une période prolongée de stabilité des taux d’intérêt plutôt qu’un nouveau cycle de hausses ou de baisses.
L’évolution récente du contexte géopolitique pourrait cependant modifier cet équilibre.
Ce que cela signifie pour les propriétaires, acheteurs et investisseurs
Même si la Banque du Canada choisit de maintenir son taux directeur, les marchés financiers pourraient réagir aux risques inflationnistes.
Cela signifie que les taux hypothécaires fixes pourraient subir une pression à la hausse si les rendements obligataires continuent de monter.
Pour les ménages et les investisseurs immobiliers, cela peut avoir plusieurs conséquences :
- un renouvellement hypothécaire potentiellement plus coûteux
- une qualification hypothécaire plus exigeante pour les acheteurs
- un impact sur la rentabilité des projets immobiliers
Dans un contexte où les marchés réagissent rapidement aux événements internationaux, les conditions de financement peuvent évoluer plus rapidement que prévu.
Vers une nouvelle pénurie de locatif en 2028
Selon une analyse récente de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), les conditions actuelles du marché immobilier révèlent une offre excédentaire de logements, en particulier dans le secteur locatif, face à une demande affaiblie par le ralentissement de la croissance démographique et l’incertitude macroéconomique.
En réponse à cette situation, la SCHL a procédé à un resserrement de ses critères d’évaluation. Depuis quelques semaines, elle applique des taux de vacance de 4,5 % et plus, augmente les taux d’actualisation et réduit les multiplicateurs de revenus bruts (MRB) en se basant sur leurs comparables. Ces ajustements ont pour conséquence directe à une diminution significative des montants de financement octroyés.
Malgré ces resserrements, la SCHL est consciente des défis croissants auxquels fait face le secteur immobilier. La hausse des coûts de construction, combinée à la rareté et au coût élevé des terrains, ainsi qu’à l’augmentation des exigences municipales, rend la viabilité financière de certains projets résidentiels de plus en plus complexe.
De plus, leur analyse prévoit une baisse des mises en chantier dans les années à venir, ce qui pourrait entraîner une pénurie de logements dès 2028 s’il y diminution de nouvelle construction.
Dans ce contexte, il est étonnant que nos gouvernements restent silencieux face à ces enjeux majeurs. Il est plus que jamais essentiel de collaborer avec des experts aguerris du financement immobilier pour naviguer efficacement dans cet environnement complexe et en tirer parti.
Dans un marché incertain, mieux vaut agir au bon moment
Depuis le début de l’année, le scénario dominant était celui d’une stabilité des taux hypothécaires. Mais les événements récents rappellent une réalité bien connue des marchés financiers : un choc externe peut rapidement changer la trajectoire prévue.
Même si la Banque du Canada maintient son taux directeur, les marchés obligataires peuvent déjà commencer à intégrer un risque inflationniste plus élevé. Et lorsque les obligations montent, les taux hypothécaires fixes suivent généralement la même direction.
La preuve : si l’on regarde les obligations hypothécaires canadiennes à 5 ans (CMB), en seulement deux semaines les taux sont passés d’environ 2,91 % à 3,26 %, soit une hausse de 0,35 %. Dans le monde des marchés obligataires, un mouvement de cette ampleur sur une période aussi courte est considérable.
Pour les propriétaires en renouvellement, les acheteurs ou les investisseurs immobiliers, cela signifie qu’attendre trop longtemps en espérant de meilleures conditions pourrait s’avérer risqué.
Dans un environnement où les taux peuvent changer rapidement, une bonne stratégie hypothécaire peut faire toute la différence.
Comparer les options, sécuriser un taux lorsque les conditions sont favorables et planifier son financement avec un expert peut permettre d’éviter des coûts supplémentaires importants.
Chez Performance Hypothécaire, l’objectif est simple : vous aider à prendre les bonnes décisions au bon moment, en fonction de votre situation et de l’évolution des marchés.
Parce que lorsque les marchés deviennent imprévisibles, la meilleure protection reste une stratégie bien réfléchie.