Le 2 septembre 2026, la Banque du Canada a annoncé le maintien de son taux directeur à 2,25 %, pour une septième fois consécutive. Le taux d’escompte reste à 2,5 % et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.
Ce qui frappe, ce n’est pas la décision elle-même : elle était attendue. C’est plutôt le contexte dans lequel elle survient. Nouveaux droits de douane américains, contre-mesures canadiennes, conflit qui se poursuit au Moyen-Orient, prix du pétrole élevés : les vagues ne manquent pas. Et pourtant, l’économie canadienne tient le cap. En tout cas, sur papier…
Le PIB a progressé de 3,3 % au deuxième trimestre. Le taux de chômage a reculé à 6,4 %, son plus bas niveau en deux ans. Et après plusieurs trimestres de faiblesse, le marché du logement a amorcé un rebond. L’inflation, elle, a grimpé à 3,0 % en juillet (contre 2,8 % en juin) : sous pression, mais sous contrôle pour l’instant. La Banque reste prête à ajuster sa politique si nécessaire; sa prochaine décision est prévue le 28 octobre 2026. Car, elle le dit elle-même, l’inflation pourrait augmenter encore.
Le prochain changement de taux directeur risque d’être une hausse!
Le ton s’est durci du côté de Bay Street. BMO, CIBC, RBC, IG Gestion de patrimoine et Ninepoint Partners s’accordent tous sur l’essentiel : pas de changement avant la fin de 2026, et la prochaine étape sera probablement une hausse plutôt qu’une baisse, quelque part en 2027.
Pour le marché immobilier, cette incertitude compte autant que le taux lui-même. L’escalade de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis pèsera davantage sur les acheteurs que le conflit au Moyen-Orient : ce n’est pas tant le prix de l’essence qui freine les gens, mais la crainte pour leur emploi au moment de s’engager dans l’achat d’une maison. Par contre, si les tensions commerciales s’apaisent, la reprise amorcée en Ontario et en Colombie-Britannique pourrait se poursuivre; si elles s’intensifient, la confiance des acheteurs risque d’en payer le prix, peu importe où se situe le taux directeur.
Quoi faire en immobilier résidentiel avec ces prévisions?
Renouvellement
Le taux directeur n’a pas bougé, mais ça ne veut pas dire que l’offre transmise automatiquement par votre prêteur actuel est la meilleure disponible. Trois vérifications concrètes avant de signer :
- Comparez l’offre reçue avec au moins deux ou trois autres prêteurs. Les offres de renouvellement automatiques ne sont pas toujours les plus compétitives.
- Demandez une projection sur plusieurs termes (ex. : 2, 3 et 5 ans) pour comparer le coût total, pas seulement le paiement mensuel.
- Vérifiez si un changement de prêteur est possible sans pénalité autour de la date de renouvellement : c’est souvent le seul moment pour le faire sans frais.
Achat
Avec le rebond du marché, les bonnes propriétés se négocient plus vite. Avant de magasiner :
- Obtenez une préapprobation avec taux garanti (généralement 90 à 120 jours), pour vous protéger si les taux bougent avant votre offre d’achat.
- Établissez votre budget maximal en y intégrant une marge pour absorber une éventuelle hausse au renouvellement dans 3 à 5 ans.
- Comparez plusieurs prêteurs plutôt que de vous limiter à votre institution actuelle.
Refinancement
La valeur nette disponible se calcule généralement jusqu’à 80 % de la valeur marchande de votre propriété, moins le solde hypothécaire actuel. Sur une propriété évaluée à 500 000 $ avec un solde de 250 000 $, cela peut représenter jusqu’à environ 150 000 $ de liquidités accessibles, pour consolider une dette à taux plus élevé, financer des rénovations ou investir.
Quoi faire en investissement multilogement?
Le contexte reste favorable pour financer, refinancer ou acquérir. Mais il y a une échéance précise à connaître pour les projets de construction neuve : à compter du 30 septembre 2026, les critères d’efficacité énergétique du programme APH Select (SCHL) changent.
Concrètement, les nouvelles exigences s’aligneront sur les normes CNÉB 2020 (Code national de l’énergie pour les bâtiments) et CNB 2020 (Code national du bâtiment), et se traduiront par :
- une meilleure isolation thermique;
- une étanchéité accrue de l’enveloppe du bâtiment;
- des systèmes mécaniques plus performants.
Ces normes s’appliquent différemment selon la taille du projet. La Partie 3 du CNÉB vise les immeubles de plus de trois étages ou de plus de 600 m² par étage. La Partie 9 du CNB vise les bâtiments de trois étages ou moins et 600 m² ou moins par étage, soit la plupart des projets multilogement de taille courante.
Pour les promoteurs, ça veut dire concrètement : des coûts de construction potentiellement plus élevés (matériaux et technologies), des délais de planification allongés, et un besoin d’adaptation des équipes. Les projets déposés avant le 30 septembre 2026 peuvent encore profiter des critères actuels, moins exigeants, d’où l’urgence si un projet de construction neuve est dans vos plans.
Le détail complet des changements est disponible dans notre article dédié : APH Select : ce qui change pour les constructions neuves à partir du 30 septembre 2026.
Si un projet de construction ou d’acquisition multilogement est dans vos plans, l’étape concrète est simple : faites analyser votre dossier maintenant pour savoir s’il peut être déposé sous les critères actuels avant l’échéance.
En conclusion
Le maintien du taux directeur à 2,25 % confirme que l’économie canadienne encaisse les chocs actuels sans perdre l’équilibre, même si les économistes eux-mêmes divergent sur ce qui vient ensuite. En résidentiel, ça se traduit par des vérifications concrètes à faire au bon moment : renouvellement, achat ou refinancement. En multilogement, ça s’ajoute à une échéance précise et documentée avec APH Select avant le 30 septembre.
Notre équipe est là pour analyser votre situation, résidentielle ou commerciale, chiffres à l’appui. Contactez-nous dès aujourd’hui pour une soumission personnalisée, particulièrement si un projet multilogement est dans vos plans avant le 30 septembre.