En résumé
| Situation actuelle | |
|---|---|
| Taux directeur | 2,25 % (maintenu) |
| Inflation | 2,8 % (3 % au Québec) |
| PIB T1 2026 | -0,1 % (récession technique) |
| Prévision PIB avril | +0,4 % (rebond) |
| Chômage | Juste sous 7 % |
Le paradoxe de la Banque du Canada
La décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur à 2,25 % illustre parfaitement le dilemme auquel elle fait face depuis plusieurs mois.
D’un côté, plusieurs indicateurs montrent que l’économie canadienne ralentit. Le PIB a reculé de 0,1 % au premier trimestre de 2026, ce qui confirme une récession technique. Le marché de l’emploi montre également des signes d’essoufflement, avec un taux de chômage qui demeure près de 7 %.
De l’autre côté, l’inflation reste plus élevée que ce que souhaiterait la Banque du Canada. La hausse récente des prix de l’énergie, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, maintient une pression inflationniste importante malgré le ralentissement économique.
Résultat : la Banque du Canada ne peut pas vraiment baisser ses taux, mais elle ne peut pas non plus ignorer les signes de faiblesse économique.
Pourquoi la Banque du Canada ne baisse-t-elle pas les taux ?
La situation actuelle est particulière parce qu’une partie importante de l’inflation provient de facteurs externes.
Les prix de l’essence et de plusieurs produits énergétiques ont fortement augmenté au cours des derniers mois. Cette hausse se répercute sur les coûts de transport, les coûts d’exploitation des entreprises et, ultimement, sur les prix payés par les consommateurs.
Sans cette composante énergétique, l’inflation serait beaucoup plus près de la cible de 2 % de la Banque du Canada.
C’est ce qui rend les prochaines décisions particulièrement difficiles. Réduire les taux trop rapidement pourrait alimenter un nouveau cycle inflationniste. Les maintenir trop longtemps pourrait accentuer le ralentissement économique.
Ce que cela signifie pour les taux hypothécaires? (Les taux fixes pourraient augmenter quand même)
Pour les détenteurs d’un prêt à taux variable, la décision signifie essentiellement que le statu quo se poursuit.
Les emprunteurs qui espéraient une série rapide de baisses de taux devront probablement faire preuve de patience. Tant que les pressions inflationnistes liées à l’énergie demeureront présentes, la Banque du Canada risque de conserver une approche prudente.
Du côté des taux fixes, la situation est différente.
Contrairement à ce que plusieurs croient, les taux fixes ne dépendent pas directement du taux directeur. Ils suivent davantage l’évolution du marché obligataire. Les déficits gouvernementaux élevés observés dans plusieurs économies développées et l’incertitude géopolitique continuent d’exercer une pression à la hausse sur les rendements obligataires.
Même si la Banque du Canada devait réduire son taux directeur au cours des prochains mois, rien ne garantit que les taux fixes suivraient le même mouvement avec la même ampleur.
Le principal message envoyé par la Banque du Canada est celui de la prudence
La récession technique observée au premier trimestre ne garantit pas automatiquement une série de baisses de taux. La Banque du Canada demeure préoccupée par l’inflation et surveillera attentivement l’évolution des prix de l’énergie ainsi que la situation économique mondiale avant de modifier son approche.
Dans ce contexte, tenter de prévoir précisément la prochaine décision de la Banque du Canada devient moins important que de bâtir une stratégie financière capable de résister à différents scénarios.
Le prix du pétrole affecte aussi l’immobilier résidentiel et multilogement
Le pétrole n’est pas qu’un enjeu de chauffage. C’est un signal macro qui se répercute différemment selon le type de propriété que vous détenez ou que vous souhaitez acquérir. Ça n’affectera pas seulement le prix du BBQ cet été!
L'impact des prix du pétrole sur l'immobilier
- Les coûts de chauffage (impact immédiat)
- Les coûts de construction (impact sur l’offre)
- Le transport et le mode de vie (impact sur la demande par secteur)
- L’inflation générale (impact sur les taux)
- La psychologie du marché (impact indirect mais réel)
Impact du prix du pétrole pour les propriétaires et acheteurs résidentiels
L’impact est à la fois budgétaire et stratégique. Les maisons chauffées au mazout ou au propane voient leur coût d’occupation augmenter directement. Mais l’effet va plus loin : la hausse de l’énergie alimente l’inflation générale, ce qui maintient les taux hypothécaires élevés et comprime le pouvoir d’achat. Elle renchérit aussi les matériaux de construction, ce qui freine les nouvelles constructions et réduit l’offre disponible. Enfin, quand l’essence coûte cher, les secteurs éloignés des centres urbains et des transports en commun perdent de leur attrait. Un facteur à peser sérieusement dans le choix d’un secteur.
Dans les deux cas, ignorer la composante énergétique dans une analyse d’achat ou de refinancement, c’est partir avec des chiffres faussés.
Impact du prix du pétrole pour les investisseurs en multilogements
Le coup est plus direct. La hausse de 41,3 % du mazout sur un an (Statistique Canada, avril 2026) n’est pas une simple ligne de dépense supplémentaire. Elle attaque le Revenu Net d’Exploitable (RNE) ou NOI (Net Operating Income). Et chaque dollar de RNE perdu réduit la valeur marchande de l’immeuble par l’effet multiplicateur du taux de capitalisation. Un immeuble moins rentable vaut mécaniquement moins cher, même si le marché immobilier autour de lui est stable.
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Que faire quand l’économie n’est pas au rendez-vous et que les taux hypothécaires ne bougent pas
La prudence de la Banque du Canada n’est pas une raison d’attendre. C’est au contraire le moment de prendre des décisions éclairées, avec les bons outils et les bons interlocuteurs.
Si vous êtes propriétaire ou acheteur résidentiel
Que vous achetiez, refinanciez ou approchiez d’un renouvellement, le réflexe de rester avec votre institution actuelle est rarement le plus rentable. Plusieurs prêteurs acceptent aujourd’hui de prendre en charge les frais de transfert pour vous attirer, vous changez de prêteur sans débourser un sou. Certains vont plus loin avec une remise en argent à la signature. Et si vous avez accumulé de l’équité, un refinancement peut vous donner accès à des liquidités que vous pouvez redéployer intelligemment, consolidation, projet, mise de fonds sur un investissement.
Le marché est plus négociable qu’il ne l’a été depuis des années. Ceux qui agissent maintenant ne subissent pas le contexte, ils en tirent parti.
Si vous investissez en multilogement
Il faut se le dire franchement : il y a eu de meilleures périodes pour investir en immobilier.
Acheter un immeuble en espérant qu’il double de valeur, c’est de la nostalgie. Ce temps est révolu.
Le marché d’aujourd’hui est fait pour les investisseurs sérieux, ceux qui mesurent leur retour sur investissement avec précision, qui n’attendent pas de miracle, et qui n’attendent pas non plus que les prix ou les taux baissent avant d’agir.
Oui, il y a quelques baisses de prix en ce moment. Mais elles sont marginales, et rien n’indique que la tendance va se maintenir.
Si vous êtes sérieux, nous le sommes aussi. Notre rôle, c’est de vous amener au maximum de ce que le marché peut vous offrir, maintenant, avec ce qui existe vraiment.
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Si votre renouvellement approche, analysez dès maintenant l’impact de la hausse potentielle de vos versements sur votre flux de trésorerie. Si vous pensez à acquérir, l’inventaire actuel vous redonne un pouvoir de négociation que vous n’aviez plus depuis longtemps.
Conclusion : Quel est le coût de l’inaction en immobilier
Les marchés ne font pas de pause pour vous permettre de vous décider confortablement.
Les taux ne vont pas chuter spectaculairement en 2026. Les prix ne vont pas s’effondrer non plus. Ce qui existe aujourd’hui, des actifs ajustés, des prêteurs compétitifs, un marché plus ouvert à la négociation, ne sera pas nécessairement là demain.
Que vous soyez propriétaire occupant ou investisseur immobilier, la meilleure stratégie reste la même : agir avec les bonnes informations, au bon moment, avec les bons partenaires.
C’est exactement ce que nous faisons.