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Entre inflation et conflits, peu de chances que la Banque du Canada touche à son taux directeur

Table des matières

À une semaine de la prochaine décision de la Banque du Canada, mon scénario reste le même : le taux directeur devrait rester inchangé le 29 avril.

Ce n’est pas parce que la situation est rassurante. C’est plutôt parce qu’elle ne l’est pas assez pour justifier un mouvement maintenant.

L’inflation reste sensible. Les conflits continuent de mettre de la pression sur l’énergie, sur le transport et sur plusieurs coûts. Les consommateurs demeurent prudents. Les entreprises recommencent à voir des tensions sur leurs intrants. Dans ce contexte, la Banque du Canada a peu d’intérêt à bouger trop vite, que ce soit vers le haut ou vers le bas.

Le message à retenir n’est donc pas qu’un grand soulagement s’en vient. Le message, c’est plutôt que les prochains mois risquent de rester exigeants. Et pour les investisseurs comme pour les emprunteurs, cela veut dire une chose : mieux planifier.

Pourquoi la Banque du Canada devrait encore patienter

La raison principale est simple : la Banque manque encore de visibilité.

D’un côté, elle voit bien que les pressions inflationnistes peuvent repartir, surtout quand l’énergie remonte et que plusieurs coûts suivent. De l’autre, elle sait aussi que l’économie n’est pas assez forte pour absorber facilement un resserrement supplémentaire.

Autrement dit, la Banque du Canada se retrouve devant un problème classique de période trouble : elle ne veut pas agir trop vite sur une inflation qui vient en partie de l’extérieur, mais elle ne peut pas non plus donner l’impression qu’une baisse approche alors que les risques restent bien présents.

Dans ce genre d’environnement, le statu quo devient souvent la décision la plus logique.

Inflation et conflits : un mélange qui complique tout

Le problème actuel n’est pas seulement le niveau de l’inflation. C’est aussi son origine.

Quand les prix remontent à cause de facteurs géopolitiques, de l’énergie ou du transport, la lecture devient plus compliquée. Une hausse des taux ne règle pas un conflit. Elle ne fait pas baisser le pétrole par magie. Elle peut même affaiblir davantage une économie déjà nerveuse.

Mais à l’inverse, la Banque du Canada ne peut pas non plus se montrer trop souple si cette hausse des coûts commence à se propager plus largement dans l’économie.

C’est exactement ce qui rend la période actuelle délicate.

Les conflits ne sont pas qu’un bruit de fond dans l’actualité. Ils alimentent déjà un climat économique plus instable, plus coûteux et plus imprévisible. Et tant que cette pression reste présente, la Banque a de bonnes raisons de garder une posture prudente.

Ce que disent les consommateurs

Les plus récentes enquêtes montrent que les ménages restent prudents.

Les prix élevés et l’incertitude économique continuent de peser sur les projets de dépenses. Même si certains signaux sont un peu moins négatifs qu’au trimestre précédent, on ne peut pas parler d’un vrai retour de confiance. Les inquiétudes liées à l’emploi et à la situation financière demeurent bien réelles.

Pour le marché immobilier, c’est important.

Quand les ménages doutent davantage, ils ralentissent leurs décisions. Ils reportent un achat. Ils remettent à plus tard un refinancement. Ils deviennent plus hésitants devant un projet d’investissement ou de changement de propriété.

Ce n’est pas le climat d’une économie qui repart franchement. C’est le climat d’une économie qui tient encore, mais avec beaucoup de prudence.

Ce que disent les entreprises

Du côté des entreprises, le portrait est un peu moins sombre, mais il reste fragile lui aussi.

Oui, certaines entreprises semblent un peu moins pessimistes qu’avant. Oui, certaines anticipent une amélioration de leurs ventes. Mais en parallèle, plusieurs voient déjà revenir des pressions sur leurs coûts, notamment en lien avec l’énergie, le fret et d’autres intrants.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’économie n’est pas en train de s’effondrer. Mais elle n’est pas dans une forme assez solide pour faire disparaître les risques.

Et quand les entreprises doivent recommencer à surveiller de près leurs coûts, leurs marges et leur capacité d’investissement, cela ajoute une autre couche de prudence au climat général.

Pourquoi je vois plus de risques de hausse à moyen terme que de baisse

À court terme, je continue donc de penser que la Banque du Canada ne bougera pas.

Mais pour les mois à venir, il faut regarder plus loin que la prochaine annonce.

Et c’est là que le message devient plus important : je vois plus de risques de tensions sur les taux à moyen terme que de chances d’une baisse rapide et confortable.

Pourquoi? Parce que si les conflits continuent d’alimenter les coûts de l’énergie, du transport et de plusieurs intrants, la pression inflationniste pourrait rester plus présente que prévu. Et si cette inflation s’installe davantage, la Banque du Canada n’aura pas beaucoup d’espace pour assouplir rapidement.

C’est pour cela qu’il faut faire attention à une erreur fréquente : bâtir une stratégie immobilière comme si une baisse de taux était pratiquement acquise.

À mon avis, ce n’est pas la bonne lecture aujourd’hui.

Ce que cela veut dire pour les investisseurs

Le vrai message du moment, ce n’est donc pas d’attendre passivement.

Le vrai message, c’est de mieux planifier ses investissements.

Planifier un achat comme si le financement allait rester exigeant plus longtemps.

Planifier un refinancement sans présumer qu’une baisse prochaine va venir améliorer le dossier.

Planifier un renouvellement avec une marge de sécurité réelle.

Planifier un investissement en se demandant non pas si les taux vont bientôt baisser, mais si la stratégie tient encore debout si les taux restent élevés plus longtemps ou si une autre pression réapparaît.

C’est là, selon moi, que les meilleurs dossiers vont se distinguer des plus fragiles.

Ce que cela veut dire pour le marché immobilier

Le marché immobilier n’est pas fermé. Les occasions n’ont pas disparu. Mais il est devenu plus sélectif.

Ce n’est plus un contexte où l’on peut improviser un montage en espérant que les conditions s’améliorent rapidement. Ce n’est plus un marché où l’optimisme suffit à rendre un projet viable.

Aujourd’hui, un bon dossier doit être capable de tenir dans un scénario moins confortable.

Un immeuble qui ne fonctionne que si les taux baissent bientôt repose sur une hypothèse fragile. Un projet qui tient encore debout avec des coûts d’emprunt élevés plus longtemps est déjà beaucoup plus solide.

La différence se joue là.

Conclusion

À une semaine de la prochaine décision, je continue donc de croire que la Banque du Canada a peu de chances de toucher à son taux directeur.

Entre inflation et conflits, elle a de bonnes raisons de patienter. Elle n’a pas assez de visibilité pour hausser immédiatement, et elle n’a pas assez d’espace pour baisser rapidement sans risquer d’envoyer le mauvais signal.

Mais la vraie conclusion n’est pas d’attendre les bras croisés.

La vraie conclusion, c’est qu’il faut mieux planifier.

Mieux planifier ses achats.
Mieux planifier ses refinancements.
Mieux planifier ses renouvellements.
Mieux planifier ses investissements.

Parce que dans le contexte actuel, il y a selon moi plus de risques de voir les taux rester élevés plus longtemps, ou subir de nouvelles pressions à moyen terme, que de profiter d’une baisse rapide.

En immobilier, la prudence ne veut pas dire l’immobilisme.

Elle veut dire : avancer avec des chiffres solides, une marge de manœuvre réelle et une stratégie capable de tenir même si le contexte reste difficile plus longtemps que prévu.

Et dans un marché comme celui-là, ceux qui s’en sortent le mieux ne sont pas nécessairement ceux qui attendent le moment parfait. Ce sont souvent ceux qui ont mieux planifié avant les autres.

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Courtier Hypothécaire commercial Multilogement

En 32 ans d’expérience en financement immobilier, commercial et multilogement. J’ai été courtier immobilier et directeur de compte et je me suis rapidement spécialisé en tant que courtier hypothécaire commercial. J’ai probablement déjà rencontré et surmonté toutes les situations auxquelles vous pourriez être confronté en tant qu’investisseur immobilier. On pourrait également dire que j’ai l’expérience nécessaire ou que j’ai du vécu. Pour bien choisir votre hypothèque et profitez de mon expérience, contactez-moi.

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Questions-réponses

Est-ce préférable de choisir un terme fixe de 3 ans ou 5 ans en 2026 ?

Dans un marché en transition, un terme plus court peut offrir davantage de flexibilité si les taux baissent dans les prochaines années. La décision dépend toutefois de votre tolérance au risque et de votre stabilité financière.

Est-ce le bon moment pour acheter une propriété au Québec ?

Le marché est plus équilibré qu’en période de surchauffe. Certains secteurs corrigent légèrement et les vendeurs sont plus ouverts à la négociation. Le “bon moment” dépend davantage de votre situation que d’un chiffre précis sur les taux.

Est-ce que les taux hypothécaires vont baisser en 2026?

Les taux fixes ont déjà commencé à reculer légèrement dans certains cas. Même si le taux directeur demeure stable, les marchés obligataires anticipent un ralentissement économique. Cela pourrait ouvrir la porte à d’autres ajustements progressifs sans être majeurs. Comme il n’y aura probablement pas de baisse du taux directeur 2026, il n’y aura pas de baisses spectaculaires des taux hypothécaires en 2026.