La Banque du Canada amorce l’année 2026 sans surprise en maintenant son taux directeur à 2,25 %. Cette décision s’inscrit dans un contexte où la banque centrale poursuit l’évaluation des perspectives économiques pour l’année à venir, un exercice rendu plus complexe par les incertitudes géopolitiques et commerciales, mais dans un environnement que plusieurs analystes jugent désormais plus stable qu’au cours des dernières années.
Malgré les menaces qui persistent sur l’économie mondiale, le scénario privilégié demeure celui d’une année relativement stable, comme nous l’avons souligné dans notre article Prévisions des taux hypothécaires 2026 au Canada : aucune baisse du taux directeur à l’horizon.
Les incertitudes commerciales demeurent sous surveillance
Du côté des décideurs de la Banque du Canada, la politique commerciale américaine et l’incertitude entourant les intentions de Donald Trump continuent de représenter des facteurs clés à surveiller. Une escalade des tensions commerciales pourrait éventuellement influencer la trajectoire des taux d’intérêt. Pour le moment toutefois, le gouverneur Tiff Macklem et le Conseil de direction estiment que le niveau actuel des taux demeure approprié.
Résumer de la décision de la Banque du Canada à propos du taux directeur en janvier 2026
Dans son communiqué publié le 28 janvier 2026, la Banque du Canada a confirmé que le taux directeur, qui influence directement les taux variables des hypothèques ainsi que les marges de crédit garanties par l’habitation (HELOC), resterait inchangé. Cette décision prolonge ainsi la pause amorcée à la fin de 2025.
Les marchés s’attendaient largement à ce statu quo, notamment après la publication de données sur l’inflation légèrement supérieures aux attentes en décembre, ce qui a écarté toute possibilité de baisse à court terme.
Peu de changements depuis l’automne
La Banque souligne que les perspectives économiques, tant au Canada qu’à l’échelle mondiale, demeurent « peu changées » depuis octobre. Elle reconnaît toutefois que la volatilité pourrait s’accentuer en raison de facteurs géopolitiques et de la politique commerciale américaine.
Ces éléments continuent de peser sur l’économie canadienne, avec une croissance qui devrait rester modeste à court terme, notamment en raison du ralentissement démographique.
Inflation sous contrôle, mais vigilance maintenue
Sur le plan de l’inflation, la Banque se montre relativement confiante. Elle s’attend à ce que l’indice des prix à la consommation demeure près de sa cible de 2 % au cours des prochains mois. Le taux directeur actuel est donc jugé approprié pour atteindre cet objectif.
La Banque rappelle toutefois que l’incertitude demeure élevée et qu’elle se réserve la possibilité d’ajuster sa politique monétaire si les conditions économiques évoluaient de façon significative.
La FED garde le statut quo malgré chaos
La Réserve fédérale a décidé de maintenir son taux des fonds fédéraux entre 3,50 % et 3,75 %, malgré le chaos économique actuel. Cette décision, annoncée le 28 janvier 2026, survient après trois baisses consécutives de taux à la fin de 2025. Les économistes s’attendaient à ce statu quo, car la FED souhaite évaluer l’impact des précédentes coupes sur l’économie, notamment dans un contexte où les données économiques sont souvent perturbées par des fermetures gouvernementales. Le président de la FED, Jerome Powell, a souligné que cette pause permettrait de mieux comprendre les effets des baisses antérieures sur l’inflation et l’emploi.
Bien que certains analystes anticipent des baisses de taux dans les mois à venir, la FED choisit de rester prudente face à l’incertitude économique persistante.
Ce que ce statu quo change réellement pour les emprunteurs
Le maintien du taux directeur ne réduit pas immédiatement les paiements hypothécaires, mais il apporte un élément clé que le marché attendait : la prévisibilité. Après une période marquée par des hausses rapides et successives, cette stabilité permet aux acheteurs et aux propriétaires de planifier leurs décisions financières avec un peu plus de visibilité.
Pour les détenteurs de prêts à taux variable et de marges de crédit, les coûts d’intérêt demeurent alignés sur le taux préférentiel des prêteurs. Pour ceux dont l’hypothèque arrive à échéance en 2026, ce contexte ouvre la porte à une réflexion plus stratégique sur le choix entre taux fixe et taux variable, selon le profil de risque et l’horizon financier.
Perspective encourageante pour le marché immobilier canadien
Dans ce contexte de prudence monétaire, plusieurs indicateurs suggèrent une stabilisation progressive du marché immobilier canadien en 2026. La combinaison de taux désormais plus prévisibles, d’un marché de l’emploi toujours relativement résilient et d’une demande latente accumulée au cours des dernières années crée un environnement plus propice aux transactions.
Cette dynamique ne signale pas un retour à la surchauffe, mais plutôt un marché plus rationnel, où acheteurs et investisseurs peuvent planifier avec moins de volatilité.
Plus de détails dans notre article : Prévisions des taux hypothécaires 2026 au Canada : aucune baisse du taux directeur à l’horizon.
Le Québec : moins de volume, mais une pression persistante sur les prix
Au Québec, les perspectives pour 2026 pointent vers un ralentissement modéré des ventes, sans véritable relâchement du marché. La diminution graduelle de l’activité ne devrait pas s’accompagner d’une baisse marquée des prix, en raison d’un déséquilibre toujours présent entre l’offre et la demande, particulièrement dans les grands centres urbains.
Le marché québécois évoluerait ainsi vers davantage de stabilité, mais dans un contexte où l’accessibilité à la propriété demeure un enjeu central.
Les signes encourageants pour les investissements multilogement
Du côté du multilogement, les perspectives apparaissent plus favorables. Le marché canadien a terminé 2025 sur une note plus solide, avec un rebond des investissements, notamment dans les grandes régions métropolitaines.
Un récent rapport d’Avison Young fait état d’une hausse des volumes de transactions, d’une progression des prix moyens par unité et d’un appétit soutenu pour les immeubles offrant des flux de trésorerie stables. Le Québec se démarque particulièrement dans ce segment, porté par les investisseurs privés et un cadre locatif relativement favorable.
L'économie canadienne en chiffres
• Taux directeur maintenu à 2,25 %
• Taux officiel d’escompte : 2,5 %
• Taux de rémunération des dépôts : 2,20 %
• Croissance mondiale prévue : environ 3 % en moyenne
• Taux de chômage au Canada : 6,8 %
• Croissance économique prévue : 1,1 % en 2026 et 1,5 % en 2027
• Inflation en décembre : 2,4 %
Conclusion: Ce qu’il faut retenir en ce début de 2026
Le maintien du taux directeur en ce début d’année ne constitue pas un signal de baisse imminente, mais il marque une étape importante vers un environnement financier plus stable. Les décisions peuvent désormais être prises avec moins de volatilité qu’au cours des dernières années.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas de tenter d’anticiper parfaitement la prochaine décision de la Banque du Canada, mais d’aligner son financement avec ses objectifs, son horizon de temps et sa tolérance au risque. Une analyse personnalisée permet souvent de dégager des options que les tendances macroéconomiques ne révèlent pas à elles seules.
C’est précisément dans ce type de marché, plus calme mais encore incertain, que l’accompagnement d’un courtier hypothécaire prend toute sa valeur.