📞Partout au Québec : 1-866-899-3177 

Tout augmente : ce que l’inflation à 3 % signifie vraiment pour vos paiements hypothécaires

Table des matières

L’inflation canadienne a atteint 3 % en juillet, le plafond de la fourchette de contrôle de la Banque du Canada. La réaction instinctive est de craindre une hausse des taux. La réalité est plus nuancée : la quasi-totalité des économistes s’attendent à ce que le taux directeur reste à 2,25 % en septembre, et probablement jusqu’à la fin de 2026. Mais la fenêtre de tranquillité pourrait se refermer en 2027. Voici ce que ça change concrètement pour vous, que vous soyez propriétaire ou investisseur.

Ce que les chiffres disent réellement

L’indice des prix à la consommation a grimpé à 3 % en juillet, contre 2,8 % en juin, avec une progression mensuelle de 0,5 %. Derrière ce chiffre global, le portrait est moins alarmant qu’il en a l’air.

 

Le principal coupable est l’essence, en hausse de 25,7 % sur un an. Le conflit au Moyen-Orient et le blocus du détroit d’Ormuz continuent de perturber les marchés de l’énergie, et la fermeture partielle des voies de navigation en mer Rouge a ajouté de la pression fin juillet. Les tarifs aériens et les voyages organisés ont aussi bondi, un effet largement attribué à la Coupe du monde de la FIFA et qui devrait se résorber en partie dès août.

 

En excluant l’essence, l’inflation se maintient à 2,2 % pour un troisième mois consécutif. Les deux mesures que la Banque du Canada surveille de près restent sages : l’IPC médian à 2,0 % et l’IPC ajusté à 1,9 %, tout près de la cible de 2 %.

 

Bonne nouvelle du côté du logement : les coûts d’habitation n’ont progressé que de 1,3 % sur un an, et les loyers ont même reculé de 0,5 % en juillet.

Pourquoi la Banque du Canada ne bougera pas en septembre

Le message des économistes des grandes banques est presque unanime. La CIBC ne prévoit aucun changement du taux directeur avant la mi-2027. BMO anticipe un statu quo pour le reste de l’année, jugeant l’inflation bien maîtrisée malgré le sursaut de juillet. RBC voit le taux du financement à un jour rester à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, ce qui maintient le taux préférentiel à 4,45 %. La TD estime que l’effet des voyages sur l’inflation va s’estomper et ne s’inquiète pas d’une inflation sous-jacente légèrement au-dessus de 2 %.

 

Autrement dit : le chiffre de 3 % fait les manchettes, mais la Banque du Canada regarde les mesures sous-jacentes, et celles-ci ne justifient pas une hausse. Le taux directeur a d’ailleurs été maintenu à 2,25 % le 15 juillet, une sixième décision consécutive sans changement.

Le scénario qui mérite votre attention : 2027

Tout le monde n’est pas du même avis. La Banque Scotia se démarque en prévoyant des hausses de 50 points de base au quatrième trimestre de 2026, suivies d’une autre au début de 2027, en raison de pressions sur les coûts jugées incompatibles avec un retour confortable à la cible.

 

Le gouverneur Tiff Macklem a lui-même laissé entendre que les taux pourraient devoir augmenter si les chocs pétroliers se prolongent. Tant que le conflit au Moyen-Orient perdure, ce risque reste sur la table.

 

C’est exactement le genre de contexte où attendre coûte cher. Si les hausses de 2027 se matérialisent, les emprunteurs qui auront sécurisé leurs conditions en 2026 seront les gagnants.

Côté résidentiel : une fenêtre encore ouverte

Pour les propriétaires et les acheteurs, le message est double.

 

D’abord, les taux variables et les marges de crédit hypothécaires ne devraient pas augmenter à court terme. Si vous êtes en taux variable, votre paiement est stable pour l’instant.

 

Ensuite, le marché reprend vie. Les ventes de maisons ont progressé pour un quatrième mois consécutif, l’indice des prix est en hausse, et l’allègement temporaire de la TVH pour les premiers acheteurs stimule l’activité. RBC y voit un possible point tournant, même si la reprise reste graduelle.

 

Si votre renouvellement approche, c’est le moment d’évaluer vos options plutôt que d’attendre passivement l’offre de votre banque. Entre un marché obligataire agité qui rend les taux fixes moins prévisibles et un risque de hausse en 2027, une discussion avec un courtier maintenant vous donne de la certitude sur vos paiements des prochaines années.

Côté multilogement : protéger votre RNE avant que le vent tourne

Pour les investisseurs en immeubles à revenus, la lecture est différente. Un taux directeur stable à 2,25 % maintient des conditions de financement prévisibles, mais les rendements obligataires à court terme ont légèrement monté avec l’inflation. Les taux des prêts assurés SCHL, qui suivent les rendements du marché obligataire, restent donc à surveiller de près.

 

Un rappel utile : le RNE, ou revenu net d’exploitation, c’est ce qui reste des revenus de votre immeuble (loyers et autres revenus) une fois les dépenses d’exploitation payées, avant le service de la dette. C’est le chiffre clé que les prêteurs utilisent pour déterminer votre capacité d’emprunt. Tout ce qui gruge le RNE (taxes, énergie, entretien) réduit directement le montant que vous pouvez financer.

 

Deux éléments jouent en votre faveur en ce moment : des loyers qui se stabilisent (ce qui limite la pression sur vos locataires) et des coûts d’énergie qui, malgré la flambée du pétrole, touchent moins directement le RNE d’un immeuble que le budget d’un ménage. Mais si le scénario de hausses en 2027 se concrétise, chaque refinancement reporté deviendra plus coûteux.

Construction neuve : la fenêtre APH Select se referme le 30 septembre

Il y a une échéance encore plus pressante que les taux pour les promoteurs et investisseurs en construction neuve. Le 30 septembre 2026 marque la fin de la période de transition du programme APH Select de la SCHL : après cette date, les nouvelles exigences d’efficacité énergétique, basées sur des versions plus récentes des codes du bâtiment, s’appliqueront à toutes les demandes pour constructions neuves. Se qualifier selon les critères actuels sera plus difficile et pourrait exiger des investissements supplémentaires dans vos projets.

 

Concrètement, si vous avez un projet de 5 logements et plus qui pourrait se qualifier sous les critères actuels, votre demande doit être déposée avant le 30 septembre. Il reste moins de six semaines. Consultez notre article détaillé sur ce qui change pour les constructions neuves ou notre page APH Select.

 

Si vous prévoyez un achat, un refinancement ou une conversion vers un produit assuré dans les 12 à 18 prochains mois, l’analyse devrait se faire maintenant, pendant que les conditions sont connues.

Un accord commercial qui pourrait changer la donne

Dernier élément du portrait : Donald Trump a annoncé mercredi la conclusion d’un accord commercial avec le Canada et le report d’une nouvelle série de droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 19 août. Les détails restent flous, mais si l’entente se confirme, elle retirerait un des principaux facteurs d’incertitude qui freinaient les acheteurs canadiens depuis 18 mois. Un climat commercial apaisé, combiné à des taux stables, pourrait accélérer la reprise du marché immobilier.

Ce qu’il faut retenir

L’inflation à 3 % fait peur, mais elle ne déclenchera pas de hausse de taux en septembre. Le vrai enjeu est ailleurs : la fenêtre actuelle de taux stables ne durera pas éternellement, et 2027 pourrait ramener des hausses. Que vous soyez propriétaire en renouvellement ou investisseur multilogement, le meilleur moment pour sécuriser vos conditions est celui où vous connaissez encore les règles du jeu.

 

Parlez-en à un courtier de Performance Hypothécaire. Réservez votre plage d’appel ou contactez notre équipe.

PARTAGER:

Courtier Hypothécaire commercial Multilogement

En 32 ans d’expérience en financement immobilier, commercial et multilogement. J’ai été courtier immobilier et directeur de compte et je me suis rapidement spécialisé en tant que courtier hypothécaire commercial. J’ai probablement déjà rencontré et surmonté toutes les situations auxquelles vous pourriez être confronté en tant qu’investisseur immobilier. On pourrait également dire que j’ai l’expérience nécessaire ou que j’ai du vécu. Pour bien choisir votre hypothèque et profitez de mon expérience, contactez-moi.

Contactez-nous!

Questions-réponses

Est-ce préférable de choisir un terme fixe de 3 ans ou 5 ans en 2026 ?

Dans un marché en transition, un terme plus court peut offrir davantage de flexibilité si les taux baissent dans les prochaines années. La décision dépend toutefois de votre tolérance au risque et de votre stabilité financière.

Est-ce le bon moment pour acheter une propriété au Québec ?

Le marché est plus équilibré qu’en période de surchauffe. Certains secteurs corrigent légèrement et les vendeurs sont plus ouverts à la négociation. Le “bon moment” dépend davantage de votre situation que d’un chiffre précis sur les taux.

Est-ce que les taux hypothécaires vont baisser en 2026?

Les taux fixes ont déjà commencé à reculer légèrement dans certains cas. Même si le taux directeur demeure stable, les marchés obligataires anticipent un ralentissement économique. Cela pourrait ouvrir la porte à d’autres ajustements progressifs sans être majeurs. Comme il n’y aura probablement pas de baisse du taux directeur 2026, il n’y aura pas de baisses spectaculaires des taux hypothécaires en 2026.