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Les hausses de taux hypothécaires sont à prévoir, mais quand?

Table des matières

En juillet, nous écrivions qu’une hausse du taux directeur était désormais plus probable qu’une baisse. Deux mois plus tard, les marchés ne se demandent plus si elle viendra, mais quand. Certains estiment que la réponse serait le 28 octobre 2026.

Pendant que tout le monde surveille la Banque du Canada, les taux fixes, eux, ont déjà commencé à monter. À titre informatif, les Obligations hypothécaires du Canada (OHC) ont augmenté de 0,21 point du 1er au 23 septembre 2026 et s’établissaient à 3,79 % le 24 septembre 2026. La Réserve fédérale américaine vient de relever ses taux, les obligations canadiennes ont bondi, et les prêteurs ajustent leurs offres après un été à les garder bas. Pour un propriétaire qui renouvelle cet automne, la hausse est déjà arrivée, avant même l’annonce officielle.

Les chiffres clés avant le 28 octobre

  • Taux directeur : 2,25 %, maintenu le 2 septembre 2026 pour une septième décision consécutive (Banque du Canada).
  • Réserve fédérale américaine : hausse le 16 septembre, à une fourchette de 3,75 % à 4 %, une première en plus de trois ans.
  • Obligations du Canada à 5 ans : environ 2,7 % au creux de février, 3,64 % le 16 septembre et 3,54 % le 22 septembre (Banque du Canada).
  • Taux fixe de 5 ans chez Performance Hypothécaire : 4,29 % au 24 septembre, contre environ 4,10 % en juillet.
  • Inflation : 3,0 % en août, 2,4 % sans l’essence (Statistique Canada).

La Banque du Canada va-t-elle monter son taux le 28 octobre ?

Une hausse du taux directeur le 28 octobre est possible, mais pas acquise. Le 2 septembre, la Banque du Canada a maintenu son taux en précisant que les risques à la hausse pour l’inflation s’étaient accrus et qu’elle était prête à agir au besoin.

Ce que prévoient les marchés : selon Bloomberg, les marchés penchent légèrement pour une hausse en octobre, un véritable pile ou face. Les marchés obligataires intègrent même jusqu’à quatre hausses au cours des prochains trimestres. Plusieurs économistes jugent ce scénario exagéré et prévoient au plus une ou deux hausses, voire un statu quo prolongé.

Notre lecture : la tendance que nous décrivions en juillet se confirme. Le prochain mouvement du taux directeur sera vraisemblablement une hausse. Octobre ou plus tard, c’est l’inflation des prochaines semaines qui tranchera.

Pourquoi les taux fixes montent-ils déjà ?

Les taux hypothécaires fixes au Canada suivent le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 5 ans, et non le taux directeur. Or ce rendement a gagné près d’un point depuis février.

Le premier moteur de cette hausse se trouve à Washington. En relevant ses taux le 16 septembre, la Réserve fédérale a fait monter les rendements obligataires américains, et les rendements canadiens ont suivi. L’économie canadienne est trop intégrée à celle des États-Unis pour échapper à ce mouvement.

D’autres forces poussent dans la même direction : le pétrole, qui se maintient au-dessus de 90 $ US le baril en raison du conflit au Moyen-Orient, l’endettement élevé des gouvernements et les investissements massifs en intelligence artificielle, qui accaparent les capitaux. Plusieurs économistes s’attendent à ce que les rendements restent élevés plus longtemps, sans repli significatif avant l’an prochain.

Les taux fixes vont-ils encore augmenter cet automne ?

Pendant l’été, de nombreux prêteurs ont gardé leurs taux fixes bas malgré la hausse des obligations, pour gagner des parts de marché. L’écart entre le coût de leur financement et les taux offerts s’est donc creusé, et il commence à se refermer.

Les taux que nous publions en témoignent : le taux fixe de 5 ans est passé d’environ 4,10 % en juillet à 4,29 % aujourd’hui. Le taux variable, lui, est resté à 3,45 % (4,45 % moins un rabais de 1 % de la banque ( 3,45 % )), puisqu’il dépend du taux directeur. Des hausses de 0,10 à 0,15 point sur les taux fixes ont été observées sur le marché en quelques semaines.

Notre lecture : la remontée des taux fixes n’est pas terminée. Tant que les obligations restent à leur niveau actuel, les prêteurs ont encore de l’espace à reprendre, peu importe la décision du 28 octobre.

Peu importe ce qu'on en dise, l'augmentation des taux d'intérêt est un frein à l'économie canadienne. Les nouveaux projets de construction multilogement deviennent moins rentables, pour deux raisons : les investisseurs voient leur montant de financement diminuer, ce qui exige plus de mise de fonds, et leur versement mensuel augmente, ce qui réduit leur rentabilité. C'est la même chose pour l'achat d'une maison : il est plus difficile de se qualifier et la mise de fonds exigée est plus élevée. Cela augmente le risque pour la banque et l'endettement des acheteurs, qui deviennent plus vulnérables aux mauvaises surprises.

Qu’est-ce qui pourrait retenir la Banque du Canada ?

La situation canadienne diffère de celle des États-Unis sur un point clé. L’inflation globale est à 3,0 % au Canada, mais elle est surtout gonflée par l’essence : les mesures d’inflation de fond suivies par la Banque du Canada restent près de 2 %. Aux États-Unis, l’inflation de fond dépasse 3 %.

L’économie canadienne envoie aussi des signaux mixtes. Le PIB a progressé de 3,3 % au deuxième trimestre, mais le Canada a perdu environ 41 700 emplois en août et le taux de chômage est resté à 6,4 %. Au Québec, il est demeuré inchangé. Les droits de douane américains continuent de peser sur l’investissement des entreprises.

Ces éléments ne justifient pas une baisse de taux. Ils peuvent toutefois amener la Banque du Canada à patienter. À l’inverse, un seul mauvais chiffre d’inflation d’ici le 28 octobre pourrait précipiter une hausse.

Quoi faire avec votre hypothèque cet automne ?

Si votre renouvellement approche

Selon la Banque du Canada, les emprunteurs à taux fixe de 5 ans qui renouvellent en 2026 font face à une hausse de paiement d’environ 20 % en moyenne, puisqu’ils ont signé en 2021, quand les taux étaient au plancher. Trois vérifications avant de signer :

  1. Comparez l’offre de votre prêteur avec celles d’au moins deux ou trois autres prêteurs. L’offre de renouvellement automatique est rarement la plus compétitive.
  2. Demandez s’il est possible de réserver un taux dès maintenant, jusqu’à 120 jours avant l’échéance chez plusieurs prêteurs.
  3. Comparez plusieurs termes sur le coût total. Dans nos taux actuels, le terme de 3 ans (4,09 %) est plus bas que celui de 5 ans (4,29 %), un écart qui mérite d’être analysé selon votre situation.

Si vous êtes à taux variable

Le taux variable suit le taux préférentiel, lui-même lié au taux directeur. Une hausse de 0,25 point le 28 octobre ajouterait environ 50 $ par mois sur un prêt de 350 000 $ amorti sur 25 ans. Si votre budget est serré, c’est avant l’annonce qu’il faut en discuter.

Si vous prévoyez acheter

Une préapprobation avec taux garanti protège votre taux pendant la recherche d’une propriété. Prévoyez aussi une marge dans votre budget : rien n’indique que les taux seront plus bas à votre premier renouvellement.

Si vous investissez en multilogement

Le financement assuré par la SCHL pour les immeubles de cinq logements et plus est lié aux Obligations hypothécaires du Canada (OHC), qui évoluent avec les obligations du gouvernement du Canada. Nos taux multilogement assurés pour un terme de 5 ans vont actuellement de 4,25 % à 4,85 % selon le montant du prêt.

Quand les taux montent, un même revenu net d’exploitation (RNE) finance un montant plus petit, puisque le ratio de couverture de la dette se calcule sur un paiement plus élevé. Notre recommandation depuis janvier tient toujours : testez vos projets avec des taux supérieurs d’au moins 0,50 point à ceux d’aujourd’hui.

Une échéance approche aussi : le 30 septembre 2026, les nouveaux critères d’efficacité énergétique du programme APH Select de la SCHL s’appliqueront aux constructions neuves. Un projet déposé avant cette date peut encore être évalué selon les critères actuels.

En résumé

Le taux directeur n’a pas bougé depuis un an, mais le coût de l’argent, lui, augmente déjà. Pour les emprunteurs qui renouvellent ou achètent dans les prochains mois, préparer son dossier maintenant et réserver un taux lorsque c’est possible est plus prudent que de miser sur une baisse qui ne se profile pas.

Parlons-en avant le 28 octobre. Un courtier hypothécaire de Performance Hypothécaire peut comparer les offres de plusieurs prêteurs, vérifier s’il est possible de réserver un taux et vous aider à trouver le meilleur taux adapté à votre situation, résidentielle ou commerciale. Réservez votre plage d’appel ou contactez notre équipe.

Sources

  • Banque du Canada, annonce et déclaration du 2 septembre 2026; rendements d’obligations choisis; note analytique 2025-21 sur les paiements au renouvellement.
  • Réserve fédérale américaine, communiqué du 16 septembre 2026.
  • Statistique Canada, Indice des prix à la consommation, août 2026; Enquête sur la population active, août 2026.
  • Bloomberg, probabilités de hausse du taux directeur, 18 septembre 2026.
  • Performance Hypothécaire, taux hypothécaires publiés au 24 septembre 2026.
 

Les taux et scénarios présentés sont à titre informatif et peuvent changer sans préavis. Ils ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Consultez un courtier hypothécaire pour une analyse de votre situation.

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Courtier Hypothécaire commercial Multilogement

En 32 ans d’expérience en financement immobilier, commercial et multilogement. J’ai été courtier immobilier et directeur de compte et je me suis rapidement spécialisé en tant que courtier hypothécaire commercial. J’ai probablement déjà rencontré et surmonté toutes les situations auxquelles vous pourriez être confronté en tant qu’investisseur immobilier. On pourrait également dire que j’ai l’expérience nécessaire ou que j’ai du vécu. Pour bien choisir votre hypothèque et profitez de mon expérience, contactez-moi.

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Questions-réponses

Est-ce préférable de choisir un terme fixe de 3 ans ou 5 ans en 2026 ?

Dans un marché en transition, un terme plus court peut offrir davantage de flexibilité si les taux baissent dans les prochaines années. La décision dépend toutefois de votre tolérance au risque et de votre stabilité financière.

Est-ce le bon moment pour acheter une propriété au Québec ?

Le marché est plus équilibré qu’en période de surchauffe. Certains secteurs corrigent légèrement et les vendeurs sont plus ouverts à la négociation. Le “bon moment” dépend davantage de votre situation que d’un chiffre précis sur les taux.

Est-ce que les taux hypothécaires vont baisser en 2026?

Les taux fixes ont déjà commencé à reculer légèrement dans certains cas. Même si le taux directeur demeure stable, les marchés obligataires anticipent un ralentissement économique. Cela pourrait ouvrir la porte à d’autres ajustements progressifs sans être majeurs. Comme il n’y aura probablement pas de baisse du taux directeur 2026, il n’y aura pas de baisses spectaculaires des taux hypothécaires en 2026.